Florian Oliveres – directeur artistique Détours du Monde

1. Quel est votre métier et en quoi consiste t-il ?

Je suis directeur artistique. La sphère tangible de notre programmation artistique est d’entrevoir les possibilités de nouveaux rapports où la fatalité n’a plus de place. C’est prendre à rebrousse-poil le processus actuel de délitement pour y restituer la place de l’homme, de la culture, de la spiritualité, échapper au tout économique et retrouver la liberté de l’esprit… Définir ses choix, savoir écouter, regarder, donner la parole, c’est ce à quoi j’aspire avec Détours du Monde. Nous avons défini cette ligne artistique singulière dès le début du projet, et nous essayons de nous y tenir depuis quinze ans. Pour moi, une programmation doit coller à un projet artistique clair d’un festival et c’est cela qui lui donnera sa singularité.

2. Qu’aimez-vous dans ce métier ?

Ma motivation a toujours été de nourrir Détours du Monde de talents émergents, de philosophies anciennes ou récentes, venues du nord ou du sud, … L’essentiel, c’est que, par l’effet de leurs rencontres, ils puissent nourrir notre rapport au monde. J’ai appris en plus de 15 ans d’activisme que par l’effet de cet échange, émerge une diversité à la fois exigeante et riche de pensées, de conceptions sociales, de regards portés sur le monde et sur nous-même. J’aspire à ce que le « voyageur vivant » que nous sommes, soit de plus en plus ouvert aux autres…

3. Que représentent pour vous les musiques du monde (artistiquement, philosophiquement) ?

Riches de leur histoire, les musiques du monde représentent un formidable potentiel d’innovation, d’exploration, dans un dialogue permanent avec l’ensemble des formes artistiques contemporaines. Ayant conquis leur place dans le paysage artistique et dans la culture contemporaine, les musiques du monde et les musiques traditionnelles se sont développées dans nos festivals, questionnant par les compositions singulières, une autre relation aux publics. Je souhaite proposer autre chose qu’une « thématique ». J’essaie de composer des « relations » logiques au dialogue musical. Aujourd’hui, ces musiques s’affranchissent de toute définition codifiée au profit de réels métissages.

4. En quoi votre profession et Zone Franche vous permettent-ils d’être un outil de la diversité culturelle ?

Le foisonnement des artistes, des genres, des styles, des traditions et des formes fait la richesse de la musique du monde mais aussi la difficulté d’accéder à la diversité de ses sources. C’est souvent à partir de ce constat que pointe la création pour tous les artistes de la musique (à tous ceux qui s’intéressent aux musiques du monde et traditionnelles). Encore cette année, Détours du Monde produit de nouvelles créations et développe le +SiLO+ Centre de création coopératif pour les musiques du monde en Région Occitanie. A travers le +SiLO+, Détours du Monde soutient et accompagne des projets d’artistes et de compagnies musicales régionales par le biais de résidence, coproduction, de diffusion ou par la mise en réseau avec d’autres structures partenaires nationales et régionales via notamment Zone Franche. Zone Franche met la Création au centre de son projet de campagne : Le soutien et l’accompagnement des projets d’artistes est pour moi, une mission vitale, dont dépend la vitalité de la diversité culturelle. Nous pouvons être des véritables accélérateurs de carrière et un poumon au cœur de la musique du monde.

5. Quel est le problème aujourd’hui dans votre secteur ?

C’est essentiellement le repli sur soi.

6. Votre vœu culturel pour 2017 ?

Toujours avec transparence et loin du populisme culturel actuel, nous espérons encore et toujours favoriser la culture pour tous. Bien sûr, nous espérons que les politiques publiques maintiennent et développent leurs implications. Cela nous permet de proposer une programmation de qualité à des tarifs accessibles au plus grand nombre. Nous sommes fiers de jouer ce rôle-là de « service public ».

 

Ils sont déjà 2336 à avoir signé l’Appel, et vous ?