Philippe Poutou : la « transformation révolutionnaire » de la culture ?

Philippe Poutou est le candidat du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) pour la seconde fois. Fondé en 2009, le mouvement politique est notamment créé en réponse à la triple crise économique, sociale et écologique qui s’approfondit et s’accélère en 2008. Cette crise est pour les anticapitalistes la preuve de l’insoutenabilité de la société capitaliste sur long terme. Le NPA milite donc pour une “transformation révolutionnaire de la société”. Dans leur section Information & culture, la concentration médiatique et la marchandisation de la culture sont dénoncées. Pour soustraire la culture à l’ordre marchand et de fournir son accès gratuit à tous et à toutes, Philippe Poutou affirme vouloir accentuer la politique de l’exception culturelle. L’indépendance des médias occupe une place importante de ce programme : Philippe Poutou souhaite mettre en place une loi anti-concentration et remplacer le CSA par un organisme de supervision associant la représentation politique, les salarié-e-s des médias et leurs usagers. Le NPA énonce de plus vouloir mettre en place un réseau culturel public de proximité dans le but, notamment, d’enrichir et de mieux comprendre la diversité culturelle de notre société : “il faut promouvoir l’échange, parce que les cultures minoritaires ou extra-occidentales sont un enrichissement pour tous. La diversité culturelle pour le NPA est donc synonyme de richesse et de progrès et n’est pas perçue comme une menace. Cette vision s’accorde avec le premier axe  de la campagne #AuxSons. Sans développer et prendre de réels engagements, la section culture du NPA propose de repenser le système de droit d’auteurs afin qu’il finance une meilleure protection sociale des artistes et leur permette des conditions de vie décentes.

Enfin, Philippe Poutou développe une politique de solidarité internationale et prône une ouverture totale des frontières : “nous voulons la liberté de circulation et d’installation, une citoyenneté de résidence, c’est-à-dire l’égalité des droits complète dès que quelqu’un arrive sur le territoire.Cette vision résoudrait de manière radicale l’enjeu de la circulation des artistes défendus par Zone Franche mais reste cependant utopiste dans le contexte actuel. Les programmes politiques basés sur le renversement total de l’ordre sociétal établi font le plus souvent figure de plaidoyer pour le domaine culturel que d’un véritable projet détaillé.